L’attestation digitale : ce qu’elle change pour l’assuré et pour l’État

par | Oct 14, 2026 | Banque et finance, Non classifié(e) | 0 commentaires

Au Cameroun, l’assurance automobile est la première branche du marché non-vie. En 2023, elle a généré 𝟔𝟎,𝟔𝟔 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐚𝐫𝐝𝐬 𝐅𝐂𝐅𝐀 de primes, sur un marché total de 𝟐𝟕𝟐,𝟓𝟓 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐚𝐫𝐝𝐬. C’est aussi la branche la plus exposée à la fraude documentaire.

En avril 2025, la gendarmerie a démantelé à Yaoundé un réseau de faussaires. Elle a saisi 𝟐𝟐𝟒 𝐟𝐚𝐮𝐬𝐬𝐞𝐬
a𝐭𝐭𝐞𝐬𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐚𝐬𝐬𝐮𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐦𝐨𝐛𝐢𝐥𝐞, 𝟑𝟕𝟏 𝐟𝐚𝐮𝐬𝐬𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐫𝐭𝐞𝐬 𝐫𝐨𝐬𝐞𝐬, 𝟒𝟖𝟗 𝐟𝐚𝐮𝐱 𝐜𝐨𝐮𝐩𝐨𝐧𝐬
d’𝐚𝐬𝐬𝐮𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐫𝐞𝐦𝐨𝐫𝐪𝐮𝐞𝐬, et 𝟐𝟕 𝐜𝐚𝐜𝐡𝐞𝐭𝐬. Chaque faux en circulation correspond à un véhicule qui roule sans réelle couverture. En cas d’accident, la victime risque de ne jamais être indemnisée.

Le secteur a longtemps répondu en renforçant le papier. L’ASAC a introduit un hologramme en 2019, puis de nouvelles couleurs en 2021. Chaque sécurité ajoutée a fini par être imitée. Un document imprimé peut se copier. Une information vérifiée en temps réel dans une base centrale est beaucoup plus difficile à contrefaire.

C’est le principe d’E-ASAC. Porté par l’ASAC avec l’appui du Ministère des Finances, le projet fait passer
l’attestation d’assurance automobile et la Carte Rose CEMAC au format numérique. Les deux documents peuvent être vérifiés via un portail public, dans les six pays de la CEMAC. Pour l’assuré

  • L’attestation reste accessible depuis son téléphone. Elle ne se froisse pas, ne se perd pas et ne reste pas oubliée dans une autre voiture.
  • En cas de contrôle, la preuve de couverture est vérifiée en quelques secondes. Il n’y a plus de contestation possible.
  • La Carte Rose existe depuis 1996 pour que l’assuré d’un pays soit couvert dans les cinq autres. En version numérique, elle devient lisible partout dans la zone.
  • Après un sinistre, l’assureur est identifié immédiatement, ce qui raccourcit le chemin vers l’indemnisation. Pour l’État
  • Les contrôles routiers reposent sur une vérification et non plus sur une appréciation. Cela laisse moins de place à l’arbitraire et aux arrangements.
  • Les victimes sont mieux protégées. C’est la raison d’être de l’assurance responsabilité civile obligatoire.
  • Les recettes sont mieux sécurisées. Chaque fausse attestation représente une prime qui sort du circuit légal, et les taxes qui s’y rattachent disparaissent avec elle.
  • L’État dispose d’une image fiable du parc assuré, utile pour piloter la sécurité routière.
  • E-ASAC s’ajoute à Transdocs, lancé en 2022 pour vérifier les cartes grises. Les documents de transport deviennent vérifiables les uns après les autres.

Ce que montre l’expérience ivoirienne La Côte d’Ivoire a dématérialisé ses attestations auto le 1er janvier 2023. Elle a été le premier pays de la zone CIMA à le faire. Un an plus tard, l’ASACI constatait une hausse de plus de 60 % des attestations authentiques commandées. Une partie des automobilistes qui roulaient avec des faux sont revenus vers de vrais contrats.

Cette expérience montre aussi une limite. En 2025, des fraudeurs ivoiriens ont attribué à des tiers des attestations issues de contrats réels. La technologie déplace la fraude sans la faire disparaître. Un outil de vérification ne protège que s’il est utilisé à chaque contrôle, et que si les assureurs tiennent les données à jour.

Chez AGC | Assurances Générales du Cameroun nos attestations sont déjà intégrées au dispositif. Pour nous, l’intérêt de cette évolution se mesure au parcours qu’elle simplifie : souscrire, recevoir son attestation, la présenter lors d’un contrôle, être indemnisé. À aucune étape l’assuré ne devrait avoir à prouver qu’il est de bonne foi.

L’assureur de demain sera celui qui donne à ses assurés la bonne information au bon moment, avec un niveau de confiance que le papier ne pouvait plus garantir. E-ASAC en pose les bases. À nous, assureurs, de faire en sorte que chaque automobiliste en profite.